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Retour sur le combat contre le cancer de Corsin Camichel


30/01/2018

Tout avait commencé de manière totalement inoffensive avec une "bosse" au cou, comme l'explique Corsin Camichel. Le médecin n'avait rien trouvé lors d'un contrôle. Mais lorsqu'il était en terre natale à l'Engadin et que les maux de gorge s'étaient accentués, tout s'est passé rapidement. On a remarqué qu'il s'agissait d'un problème sérieux. C'était en février 2011 et c'est un cancer des ganglions qui fut diagnostiqué.

«Le médecin d'équipe de Zoug m'a informé un samedi. C'était une vraie gifle car je ne m'y attendais absolument pas. Il me passa 100'000 pensées par la tête et ensuite, tout est allé assez vite. Le mercredi suivant j'ai pu passer la première chimiothérapie.", se rappelle Camichel. 

La thérapie a agit. Il n'a du passer que six séances alors que huit étaient planifiées. "C'est venu rapidement et c'est reparti rapidement. Mais les effets secondaires pendant la chimio n'étaient vraiment pas agréables", explique Camichel. Toutefois, il n'a plus été malade depuis et il n'a plus du prendre des médicaments. Il a seulement du consulter le médecin pour des contrôles ultérieurs et ces derniers n'ont apporté que de bonnes nouvelles.  

«Si après cinq ans rien ne revient, on dit que c'est un bon signe", déclare Camichel.

Il ne voulait pas renoncer au hockey sur glace, même si le processus était probablement trop prématuré, comme il le pense avec du recul. Avec quelques kilos en moins il a entamer avec du retard l'entraînement d'été et est retourné sur la glace en octobre.

 «Je n'ai pu demander à personne comment il fallait aborder une telle situation. Je suis simplement allé sur la glace, on ne perd pas l'habitude de jouer. J'avais passé ma dernière séance de chimio en mai et j'ai joué en octobre sans préparation. Si je regarde en arrière, j'aurais du patienter un peu plus. Mais je suis content d'avoir pu rejouer. J'aurais du investir énormément pour rejouer au niveau habituel et j'avais déjà 30 ans et j'ai donc chercher un nouveau défi" explique Camichel. 

Sur la glace, il n'était plus le même après la thérapie. Pendant la saison, il a effectué un transfert à Davos et a entamé une deuxième saison dans les Grisons. Sur conseil des médecins, il a toutefois décidé de prendre sa retraite. Le puissant attaquant a disputé 506 rencontres en Ligue Nationale A avant de déclarer définitivement la fin de sa carrière au terme de la saison 2012/13.

D'abord, il a fait quelque chose, qu'il n'a jamais pu faire en tant que pro: Voyager pendant trois mois, surtout en Australie, sans devoir penser à sa condition physique et la nouvelle saison. Depuis, il est de retour en hockey sur glace. Pas très loin de Zoug, il a relancé sa carrière avec l'EHC Seewen en 1ère ligue. "Ils m'ont donné une chance et c'était une très belle expérience, même si elle n'a pas été très facile." Après trois ans, j'ai reçu l'offre de travail de la fédération suisse de hockey sur glace pour devenir entraîneur chez les espoir" dit-il.

Aujourd'hui, il est en route avec les sélections espoirs en tant qu'entraîneur assistant. En plus de ça, il entraîne avec ses collègues entraîneurs dans le cadre de rassemblements régionaux les meilleurs talents U15 du pays dans les centres de formation à Winterthour, Zuchwil, Neuchâtel, Bellinzone et Grüsch avec des unités d'entraînement spéciales. Son highlight personnel a été le Championnat du Monde U20 il a un an à Montréal et à Toronto.   

Participer à un CM-U20 en tant qu'entraîneur assistant a été très impressionnant. Egalement l'expérience vécue avec Nico Hischier, lorsque nous avons failli battre les Etats-Unis. De vivre un tel CM au Canada avec ces jeunes joueurs a été très spécial.", évoque Camichel. "Cette année, la compétition a été un peu plus difficile avec une très jeune équipe à Buffalo."

Pour Corsin Camichel, âgé de 36 ans, beaucoup de choses se sont améliorées. Sa vie ne comprenait  pas seulement des moments forts. Il a du subir des coups dur du destin dans sa famille. D'abord en 2006, lorsque son père est décédé. 

"Ce n's pas toujours été facile. J'ai perdu mon père lorsqu'il avait 60 ans. Il est décédé d'un cancer de la peau. Les premières années ont été difficile mais je ne m'en prend pas au destin. Je garde les bons souvenirs, que j'ai eu avec lui. On vient et on part et on ne sait pas combien de temps nous allons rester ici", estime Camichel.

Après que Camichel ait vaincu le cancer, le sort a frappé de toute force un autre membre de la famille. Son frère Duri, qui avait terminé sa carrière de joueur quelques semaines auparavant, a perdu sa vie lors d'un accident de voiture en avril 2015 au Costa Rica. Le PersonalTrainer très estimé dans le monde du hockey sur glace Harry Andereggen est également décédé dans le même accident. Pour Corsin Camichel, c'était des sentiments semblables comme lors du décès de son père. "C'est surtout maintenant lorsque je suis moi même devenu papa, ça aurait été cool que mon papa et mon frère auraient pu voire ma petite fille." explique-t-il. Mais il sait également que son histoire peu donner de la confiance aux autres. 

"Il faut continuer", conseil-t-il. "Si on s'en prend au destin, ce n'est pas bon pour la vie. Il faut toujours avancer. Grâce au sport, j'ai pu mieux surmonter les situations."

A cause du cancer, il a du suspendre ses patins - en tous les cas en tant que joueur - plus tôt que prévu. Mais malgré tous ces coups du du destin, il est de retour dans la vie, est devenu entraîneur et a trouvé l'amour de sa vie. La jeune famille vient de déménager à Weggis avec la petite fille Amélie âgé de neuf mois.  

Camichel ne cherche pas activement des événements consacrés au cancer mais a déjà participer une fois à une telle manifestation: Le Race for Life à Berne. "Si on me demande de participer à une bonne action, je suis bien naturellement ouvert à une participation. Surtout, si ça sert à quelque chose. J'étais moi-même concerné et c'est donc une belle chose de renvoyer l'ascenseur" souligne Camichel. Il ne sait pas encore ce qui l'attendra exactement à Rapperswil. "Mais je serais de toute façon sur place".