Seringues, antidouleurs et os cassés : le hockey sur glace et son image de tough guy
03/04/2022
Le mythe du hockeyeur à la dure ne faiblit pas, mais à l'image du jeu a pas mal évolué ces dernières décennies. On a tous en tête des actes de bravoure dans le hockey américain et plusieurs acteurs évoluant en Suisse partagent leur souvenir dans cet article.
Chris McSorley résume l'état d'esprit un peu trop extrême qui régnait alors : "Quand je jouais à Toledo, je me suis cassé la jambe. J'aurais dû porter le plâtre pendant trois semaines. Mais l'équipe avait besoin de moi. Je l'ai donc cassé au bout de quatre jours et j'ai rejoué. Nous ne nous sommes pas posé de questions à l'époque. La douleur faisait tout simplement partie du jeu".
La situation est bien différente aujourd'hui notamment en saison régulière, mais également en play-offs. La surdose médicale est maintenant du passé comme l’explique le médecin de l'EV Zoug Beat Schwegler : plus aucun joueur ne reçoit d'injection pour se remettre en forme en dehors des play-offs et la prise d'analgésiques est mieux encadrée et a considérablement baissé ces cinq dernières années.
Une opinion que partage Raeto Raffainer "Quand on nous disait : 'Tiens, deux ponstans, ça va aller', nous le faisions. Mais de toute façon, on se posait assez peu de questions et on réfléchissait peu. Quand l'entraîneur nous disait de foncer tête baissée dans le mur, nous le faisions aussi. Les joueurs d'aujourd'hui fonctionnent différemment, ils ne se contentent pas d'acquiescer à tout".
Doug Shedden met en avant un autre intéressant argument : "Avant, il y avait cette camaraderie. Tout le monde se donnait à fond et ne pensait pas au lendemain. Aujourd'hui, chacun joue pour soi, pour le prochain contrat. Il y a des agents qui disent à leurs clients : 'Tu ferais mieux de passer ton tour si tu te sens un peu mal'. Parce que de meilleures statistiques donnent ensuite un contrat mieux rémunéré. J'ai du mal avec ça".
Martin Steinegger voit lui différemment les choses sur ce point : "La différence, c'est la vitesse à laquelle le hockey sur glace se joue maintenant. Si tu n'es pas en forme, tu fais plus de mal que de bien à l'équipe. Cela ne sert à rien de serrer les dents si tu te fais ensuite déborder à chaque engagement".