Qualité de jeu, de vie et salaires, pourquoi les Suédois sont si représentés dans notre championnat
26/12/2021
Expressen s'est promené dans notre pays pour faire le point avec les joueurs et coaches suédois sur les raisons pour lesquelles ils avaient choisi de venir en Suisse et souvent d'y rester.
On débutera bien entendu par l'aspect salarial qui est souvent déterminant. Un import de National League gagne entre 200'000 et 400'000 francs suisses net par saison, au moins deux fois plus qu'en Suède par exemple. Calle Andersson avait avancé cet argument il y a peu pour annoncer qu'il terminerait sa carrière en Suisse (lire ici).
Un championnat helvète qui permet également d'offrir des conditions que les coaches ne trouveront nulle part ailleurs hors KHL ou NHL : leurs salaires peuvent atteindre 200'000-250'000 francs suisses par saison.
Des écarts qui se retrouvent logiquement au niveau des budgets des tops clubs, deux fois plus importants en Suisse qu'en Suède.
Quelques impressions de coaches et joueurs sur notre pays :
Jörgen Jönsson (Davos) : "Je suis venu ici pour voir et découvrir une nouvelle culture. Je voulais apprendre de nouvelles choses et élargir mon expérience d'entraîneur et ma base de connaissances. Et Davos est fantastique. Le ciel est bleu et les sommets des montagnes brillent d'une poudreuse blanche." En ce qui concerne le jeu par rapport à son pays natal : "C'est plus ouvert. Le hockey est plus fait d'opportunités. Ici, vous voyez qu'il y a une chance de marquer des buts et de jouer un hockey offensif. C'est basé sur la vitesse maximale."
Mathias Bromé (Davos) sur son choix de signer en Suisse plutôt qu'en Suède : "Je sentais que je n'étais pas prêt à retourner en Suède et j'avais entendu beaucoup de bien de la Suisse"
Suivra-t-il la même voie que son coéquipier Magnus Nygren qui ne pensait pas rester si longtemps ? "C'est devenu notre deuxième maison. Nous nous sentons très en sécurité ici" explique Nygren. "L'idée n'était pas de rester ici aussi longtemps, mais après cinq ans et deux enfants, nous pouvons dire que nous sommes intégrés". Et les avantages de la Suisse ? "La paix et la tranquillité. On vous laisse en paix. C'est un plus. Il me reste plus d'énergie pour ce sur quoi je veux me concentrer, ma famille et le hockey. Un autre avantage est que le jeu est plus attrayant. Ça bouge plus ici."
Le coach suédois semble un spécimen toujours aussi apprécié des directions des clubs de National League comme le confirme Janick Steinmann, directeur sportif des Rapperswil-Jona Lakers : "Les Suédois sont professionnels dans tout ce qu'ils font. La Suède produit un nombre étonnant de bons entraîneurs parce qu'il y a une confiance dans le travail. La Suisse a beaucoup à apprendre dans ce domaine, car nous n'avons pas la même confiance dans les entraîneurs."
Le coach des Lakers Bert Robertsson voit les choses de la même façon : "C'est un pays structuré, mais il manque peut-être de professionnalisme dans le domaine du hockey. C'est motivé par l'émotion, j'aime ça, mais le succès vient souvent du fait de faire les choses dans l'ordre".
Et même un Canadien semble penser la même chose de ses imports suédois, Jan Alston : "Des gens formidables, des joueurs formidables. Ils jouent au hockey de la bonne manière et sont des modèles à suivre, tant sur la glace qu'en dehors. Nos Suédois sont en tête de notre club en ce moment. Sur le banc, il y a Jörgen avec un hockey IQ extrêmement élevé. C'est un communicateur intelligent qui sait quand il faut mettre la pression et quand il faut la relâcher."