Recherche

Le Président de Langnau dresse un bilan des dégâts actuels à son club et remet en question le fonctionnement de la ligue


04/05/2020

Et la crise actuelle les touche évidemment de plein fouet au point que beaucoup devraient ne plus pouvoir apporter son soutien au club. Ce que confirme Peter Jakob dans la Berner Zeitung : "Nous avons reçu des réactions négatives. Un important partenaire de longue date se retire parce qu'il ne peut plus justifier l'engagement en interne. C'est compréhensible. Même s'il y a un contrat, il n'y aura pas de versement. S'impliquer financièrement dans un club sportif est actuellement partout la priorité la plus basse."

Et de présiser que le club a déjà perdu 400 000 francs par rapport à la saison dernière. Il pense également que peu de gens estiment que la saison reprendra en septembre, un mois à huis clos coûterait un million à son club.

Autre soucis, sa société a déjà investis un million dans l'avant projet de la construction d'une deuxième piste de glace et de son infrastruture qui doit permettre au club de se développer, voire tout simplement survivre. Alors que les travaux doivent débuter en juin 2021, le projet est actuellement en suspens.

Dans le marasme actuel, il souhaiterait d'ailleurs que la ligue réfléchisse plus loin qu'une saison sans relégation en envisageant d'en faire trois ou quatre. Cela permettrait aux clubs de se refaire financièrement en limitant les investissements, notamment au niveau des joueurs étrangers et en intégrant la relève.

Un autre point est la rémunération des joueurs alors que le salaire moyen est de CHF 250'000.-, bien en dessus des autres pays européens hors KHL. Il critique donc la gestion actuelle : "Les clubs n'ont souvent pas de lien avec l'économie en dehors du hockey. Et les managers ne dépensent pas leur propre argent. Et il y a beaucoup de gens riches qui aiment ce sport et qui sont motivés par des émotions - ils veulent aider les clubs et ouvrent trop grand leur portefeuille. Les sponsors devraient en fait taper sur la table".

Et d'ajouter : "Il n'est pas normal qu'un joueur de hockey gagne plus qu'un conseiller fédéral. Si nous engageons un ingénieur, il gagnera entre 7 000 et 9 000 francs. Si vous voulez quelqu'un d'absolument fiable, vous devez en ajouter quelques centaines de francs. Mais personne ne penserait à lui verser 25 000 francs par mois ! C'est grotesque. Si vous n'investissiez que la moitié de cet argent vous pourriez réaliser beaucoup de choses. Je pense aux jeunes, aux dépenses pour les entraîneurs juniors, à l'infrastructure. Les clubs ne font pas un bon travail, ce n'est pas durable."