Le Président d'Ambri écrit une longue lettre ouverte aux fans sur la situation du club
15/03/2021
J'ai appris au fil des ans que moins le président parle de sport, mieux c'est, surtout quand tout va bien. Puis vient un moment où les choses vont moins bien, et où il faut peut-être faire quelque chose pour soutenir l'équipe, le personnel et la famille blanche et bleue.
Nos difficultés actuelles sont évidentes, et les supporters - prêts à se réjouir pour des émotions positives - sont également enclins à déprimer trop facilement, oubliant les racines et la nature du HCAP : une société née pour exprimer l'identité et la résistance aux difficultés, plus que pour célébrer des succès faciles. Une société si fortement ancrée dans le cœur des Tessinois, précisément parce qu'elle représente leur combat quotidien dans une vie qui vous déroule rarement le tapis rouge !
A juste titre, le staff sportif évite les excuses et les justifications, car il sait que l'équipe doit se battre et donner le meilleur d'elle-même malgré ses propres limites, et certainement pas se cacher derrière ces mêmes limites. Quand nous voulons tous "cinq lions", nous savons que même le lion blessé doit être respecté, et a le droit/devoir de sortir des pattes plus meurtrières, ce que nous attendons toujours au vu des pré-playoffs !
Mais peut-être qu'à ce stade, le président doit dire certaines choses :
1. Oublions la mémoire courte : ce n'est PAS la pire saison du HCAP. Au cours de mes trois premières saisons en tant que président (avec un budget, un effectif et un personnel qui, aujourd'hui, vous feraient frémir), nous avons récolté 33, 44 et 47 points en saison régulière, terminant régulièrement à la dernière place. Nous avons joué trois fois en cinq ans le barrage pour la relégation, en célébrant à chaque fois le salut comme une coupe du monde. Le HCAP a été au bord de la faillite à plusieurs reprises, comme il l'a été tout au long de son histoire. N'oublions pas d'où nous venons, et ce que nous avons accompli malgré cela !
2. Les mesures Covid ont enfin imposé à la Ligue et à l'Office fédéral du sport une comparaison objective dont il résulte indiscutablement que nous avons de loin le budget le plus bas de la Ligue : plus de 30% en dessous de la moyenne des années normales. L'argent ne fait pas le bonheur (pas plus que la réussite sportive) mais il est évident qu'il a une certaine influence sur le talent que vous pouvez vous offrir.
3. Puis, cette année, avec les importantes réductions de salaire acceptées par nos joueurs et nos membres du personnel (pour lesquelles nous ne les avons peut-être pas assez remerciés), l'écart s'est encore accru. Il faut noter que sans ces réductions, nous n'aurions pas pu payer les salaires depuis janvier, car l'aide fédérale promise n'a pas encore été perçue !
4. Comme mesure d'économie supplémentaire, la société a renoncé à remplacer les joueurs blessés (sauf un, pour les deux derniers mois), jouant pratiquement toute la saison avec deux/trois étrangers, dont un avait été clairement prévu pour les Rockets en Swiss League.
5. L'équipe a payé un lourd tribut à Covid : non seulement les quarantaines initiales (avec quelques joueurs touchés) mais surtout la récente contagion qui a touché presque tout le monde, comme peu d'autres équipes suisses. Nous savons que dans de nombreux cas (j'en ai fait l'expérience aussi), malgré la récupération, la fatigue reste pendant une période plus ou moins longue.
6. Il serait trivial à ce stade de mentionner les erreurs d'arbitrage qui nous ont pénalisés. Je ne crois pas aux conspirations, je sais que l'erreur est humaine, mais je sais qu'une certaine servilité psychologique est tout aussi humaine, de sorte que - dans le doute - on se trompe plus facilement contre la "petite" équipe que contre la "grande". J'en ai fait l'expérience dans ma jeunesse en tant qu'arbitre de football et aucun directeur de ligue n'a pu jusqu'à présent me convaincre du contraire.
7. Enfin, nous savons que pour compenser le taux technique, le HCAP a besoin non seulement d'humilité et de travail, mais aussi d'une forte motivation supplémentaire : Cereda parle de faim et de désespoir. Mais le personnel seul ne suffit pas : une saison entière sans son public particulier pénalise Ambrì plus que les autres équipes.
Morale de l'histoire : il est inutile de chercher des excuses, mais pas non plus des boucs émissaires. Les fans doivent se rappeler que cette année nous donne moins de satisfactions que les autres pour plusieurs raisons objectives, et non à cause d'une mauvaise volonté ou d'erreurs impardonnables.
Il est encore plus important de savoir que le chemin du HCAP continue : nos finances toujours précaires auraient pu nous amener à l'effondrement définitif en ces deux saisons ravagées par le Covid, car nous n'avons pas de réserves ni de mécènes pour tirer des contributions extraordinaires. Mais avec l'aide de tous - je vais écrire une lettre séparée aux abonnés - nous n'en sortons qu'avec quelques bosses, et nous nous préparons à entrer la tête haute dans notre nouveau stade pour que notre histoire puisse continuer !
Et cela continuera également sur le plan sportif, lorsque nous récolterons les fruits du travail long et méthodique de Duca et Cereda avec les jeunes et avec les Tessinois. Nous sommes à la quatrième année d'une nouvelle philosophie, freinée par le Covid mais destinée à s'épanouir à nouveau l'année prochaine et à perdurer dans le temps. Nous n'abandonnerons certainement pas maintenant !
Filippo Lombardi, president