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Le portefeuille d’un joueur de NHL se vide plus vite qu’on l’imagine


14/11/2019

Il donne notament la parole à Marco Scandella qui s'est prêté au jeu en parlant de son expérience après plusieurs années passées dans la grande ligue.

Il y a le piège classique du début lorsqu'un joueur signe un contrat d'entrée. Un salaire annuel qui semble confortable de mimimum 643'000 $ pour jouer en NHL, mais avec le revers de la médaille puisque celui-ci tombe à 65'000 $ pour l'AHL. Ce qui est souvent le cas lorsque l'on ne fait pas partie des top joueurs. 

Scandella avoue par exemple qu'il s'était montré trop confiant à l'époque. Certains de patiner avec le Wild, il s'était offert avec son premier chèque une voiture à plus de 50'000 $ qu'il avait dû revendre une année plus tard. Il avait en effet en cette première saison joué essentiellement avec le club ferme et ne pouvait plus assumer son train de vie.

Cela va évidemment mieux avec le contrat suivant même si ce n'est de loin pas toujours la panacée. Le salaire moyen en NHL était l'année dernière de 2'875'000 $, mais 193 joueurs de la ligue ont gagné 1 million $ ou moins dont une centaine moins de 800 000 $. Ajoutez à cela que les joueurs sont payés entre le 15 octobre et le 15 avril et qu'il faut donc anticiper la saison morte.

Marco Scandella n'est pas le plus à plaindre puisqu'il a signé en 2014 un contrat qui lui assurera 4,75 millions pour le championnat qui va débuter. Mais le montant réél touché est bien loin de cette somme.

641'000 $ sont ponctionné par la ligue pour l'escrow, une sorte de garantie si les recettes ne devaient pas suivre comme budgeté. On rajoute la cottisation au fond de retraite et le salaire tombe à 4,090 millions $. 

Les impôts vous attendent évidemment au tournant avec taux d’imposition fédéral américain de 37 %, soit environ 1,84 million $ pour Scandella. Puis les impôts selon l'Etat où vous résidez qui vont de... 0 % (Texas, Nevada, Tennessee, Floride et Washington) à 13,35 % (Californie). Et si vous vous demandez pourquoi certains joueurs hésitent à signer dans un club canadien, c'est sans doute puisque les impôts vont de 47,2 % en Alberta à 52,73 % en Ontario.

Terminé ? Loin de là. Vous devez encore rémunérer votre agent, de 3 et 5%, puis votre conseiller fiscal et votre staff (nutritionniste, entraîneur de conditionnement physique, entraîneurs d’habileté) soit environ 150'000 $ sur ces derniers postes.

Vient le cas intéressant des assurances. On sait que la ligue couvre ses joueurs pour les blessures, montants astronomiques qui explique souvent qu'elle soit réticente à les envoyer aux JO sans contrepartie. Mais le joueur doit également se protéger au travers d'une assurance invalidité, s'il venait par exemple à se blesser alors qu'il a un nouveau contrat à négocier. En reprenant l'exemple de Scandella qui pourrait viser une nouvelle entente de 15 millions $, ce sont 105'000 $ d’assurance-invalidité à payer. Puis vient encore l’assurance-vie.

Pour terminer, si on soustrait encore les besoins quotidiens et les loisirs, le montant final est de 1,7 million $ qu'il aura tout intérêt à mettre de côté vu la briéveté d'une carrière. Arrivé à ce stade, d'autres pièges vous guettent évidemment, des investissements douteux aux nombreux nouveaux amis qui ne vous veulent évidemment que du bien.