Le hockey suisse en chiffres
27/09/2019
Pour la plupart des supporters, le hockey sur glace rime avec passion et émotions. Aujourd’hui, le hockey sur glace professionnel est toutefois bien plus que cela. Dans cette édition de NL&SL Inside, nous nous intéressons aux chiffres et aux statistiques.
Les buts, les passes décisives et les minutes de pénalité : Chaque amateur de hockey sur glace connaît ces chiffres et leur signification. Le monde des statistiques de hockey sur glace regorge toutefois de bien davantage de données permettant d’évaluer le niveau de performance actuel d’une équipe ou la courbe de forme d’un joueur. Ces données sont méticuleusement collectées lors de chaque match de National League par les statisticiens. Pour chaque équipe de National League, deux statisticiens sont à l’œuvre lors de tous les matchs et saisissent chaque action de jeu dans une app. L’app de statistiques est un logiciel développé spécialement pour la National League et la Swiss League. Cette app est connectée au site web. Ainsi, les données de National League peuvent être consultées en temps réel, tandis que celles de Swiss League sont disponibles dès la fin du tiers-temps. Il est en outre possible de synchroniser les données avec les enregistrements vidéo. Les amateurs peuvent ainsi visionner les vidéos de certaines actions après les matchs dans le Shot-Tracker.
Les données les plus diverses sont collectées : toutes les tentatives de tir d’une équipe, les tirs bloqués, les engagements, les bilans plus/moins ainsi que les temps de glace de chaque joueur. La situation de jeu (supériorité, infériorité ou égalité numérique) est également prise en compte. En Swiss League, les engagements et les temps de glace ne sont pas encore officiellement saisis.
Les Directives pour la saisie des statistiques définissent la manière dont les statisticiens doivent saisir ces données. Il est essentiel de définir précisément chaque situation de jeu afin d’aboutir à des statistiques pertinentes. Ainsi, seules les tentatives de marquer sont considérées comme des tirs à côté du but. Les passes transversales passant à proximité de la cage ou les pucks joués en profondeur ne comptent pas comme des tirs à côté du but. En ce qui concerne les tirs sur le but, le principe suivant s’applique : Seules les situations qui auraient abouti à un but marqué en l’absence du gardien sont considérées comme des tirs sur le but. Les tirs sur le poteau ou la transversale ne sont pas considérés comme des tirs sur le but. Ils sont saisis comme tirs sur le poteau ou la transversale. Un tir bloqué par un joueur de champ ne compte pas non plus comme tir sur le but. Les statisticiens doivent évaluer ces situations en une fraction de seconde et les saisir correctement dans le système. Ce qui est vrai pour les joueurs sur la glace l’est également pour les statisticiens : Il faut rester concentré à 100% durant toute la durée du match.
Trois questions à Roland Sennrich, statisticien du EV Zug
A quoi dois-tu veiller lors de la saisie des données ?
Je vérifie en premier lieu que les places de travail des statisticiens soient équipées de manière adéquate et je me prépare toujours bien à temps. Je m’informe préalablement sur la composition de mon équipe et de l’équipe adverse. Durant le match, il est essentiel de rester concentré et de ne pas se laisser distraire. Il est en outre indispensable que les deux statisticiens communiquent bien entre eux afin que les données puissent être saisies de manière précise et immédiate.
Comment suit-on un match si l’on doit simultanément saisir des données ?
Il convient de toujours se focaliser sur son propre travail. Il faut être concentré, saisir les données de manière objective, ne pas se laisser envahir par le stress et ne pas perdre le fil. Ma tâche n’est pas de suivre le match dans son ensemble. Je me focalise sur les domaines pour lesquels je suis responsable. Lors de la saisie des données relatives aux engagements et aux tirs, par exemple, je me concentre plutôt sur les différentes zones où se situe l’action de jeu. Pour la saisie de la statistique du temps de glace, mon attention se porte principalement sur le banc des joueurs de mon équipe afin de ne manquer aucun changement. Comme je l’ai dit, la communication entre les deux statisticiens est essentielle.
Quelle est ta marge d’interprétation lors de la saisie des données ?
Je dispose certainement de la plus grande marge d’interprétation en ce qui concerne la saisie des engagements et des tirs. Tout dépend de la perspective et de la position du statisticien dans le stade. Le hockey sur glace étant un sport très rapide et de nombreuses décisions devant être prises en un laps de temps très court, les perceptions peuvent différer et les actions peuvent donc être interprétées de manière différente. Swiss Ice Hockey et l’IIHF imposent toutefois des directives et des règles claires en ce qui concerne la saisie des actions. En principe, les statisticiens ne disposent donc guère de marge d’interprétation.