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Des points du vue très variés sur l'avenir du hockey suisse


14/06/2020

La SonntagsZeitung a interrogé plusieurs acteurs clés sur leur vision des changements à apporter, en voici un résumé.

Gaudenz Domenig, Président HC Davos, présentera lui son projet de plafond salarial et de taxe de luxe. Un montant maximum de dépenses en salaires est fixé, tout club qui le dépasse verse la différence dans un pot commun en faveur des autres clubs. 

Pour prendre en compte ce qui est considéré comme salaire, on se baserait sur les directives des autorités fiscales et des fiches de salaire établies. Un décompte est réalisé avec tous les joueurs présents sur la feuille de chacun des matchs, les blessés ou absents n'entreraient donc pas en ligne de compte pour le calcul. Et le montant du plafond pourrait être augmenté pour les play-offs.

L'aspect juridique devrait être discuté avec le Conseil fédéral pour obtenir une dérogation, les clubs pourraient profiter de la brèche ouverte pour en discuter. En effet les autorités ont conditionné leurs prêts à une baisse de 20 % des salaires.

L'agent de joueur Georges Müller ne croit pas une réglementation trop strice est appelle plutôt les clubs à faire preuve de bon sens. Il prend l'exemple de plusieurs clubs qui versent des salaires de plus de CHF 300'000.- à des joueurs de quatrième ligne plutôt que de faire confiance aux jeunes du cru.

Dans la même idée, augmenter le nombre d'étranger serait fatal à la relève. Il estime également qu'il ne faut rien modifier à l'assimilation des joueurs étrangers avec une licence suisse qui sont indispensables aux ligues juniors. Les considérer comme joueurs étrangers ferait fuir les gros talents.

Vision totalement autre pour Marc Lüthi, DG du CP Berne. Il soutiendra la proposition du HC Davos et ne veut plus de limitation du nombre de joueurs étrangers. Proposition intéressante cependant : que la taxe de luxe soit utilisée pour récompenser les équipes alignant le plus de joueurs suisses.

Il estime ainsi qu'un équilibre sera naturellement trouvé, aucune équipe n'alignerait que des mercenaires de peur de se couper de son public.

Du côté de Jonas Hiller, tout jeune Président du syndicat des joueurs, il se dit également intéressé à discuter de la proposition de Gaudenz Domenig, même si la plupart des joueurs est évidemment contre une régulation du marché. Tout en étant conscient des enjeux à venir et même prêts à renoncer à une partie de leur salaire pour passer cette crise, la discussion avec les clubs a été positive. En revanche pas question de lever complètement les restrictions sur les étrangers, ce qui serait un coup dur pour la qualité de notre équipe nationale.

Enfin, Peter Zahner, PDG des ZSC Lions, estime que le système actuel convient très bien. Personne n'oblige les dirigeants à surpayer les joueurs et prendre l'exemple de plafond salarial de la NHL est un non sens, puisqu'il n'est qu'une composante d'un système fermé. 

Il doute également qu'il soit possible de forcer les clubs à dévoiler le détail des salaires, et que même si c'était le cas le concept serait bien trop lourd administrativement.