Comment est créé le calendrier de National League ?
17/01/2020
Le calendrier des matchs de la phase de qualification de la saison 2019/20 en cours fait couler de l’encre et donne lieu à des discussions. Les constellations des matchs, qui peuvent parfois sembler singulières, s’expliquent par des raisons bien concrètes. Nous vous présentons ici la façon dont le calendrier des matchs est établi.
Douze équipes, 50 tours, 300 matchs, 24 semaines. La phase de qualification en National League peut être résumée avec ces quatre mots clés. Cette année, le calendrier des matchs de la saison régulière en première division fait l’objet de bien plus de discussions que durant les années précédentes. Parmi certains supporters et quelques journalistes, le calendrier suscite des critiques et des débats animés. Nous vous expliquons ici comment est conçu le calendrier des matchs et les raisons pour lesquelles il est effectivement un peu plus particulier cette saison par rapport aux autres années.
La planification débute deux ans en amont
Willi Vögtlin est en charge de la conception du calendrier des matchs en National League et en Swiss League. Son travail commence déjà très en amont de la saison concernée. Concrètement, le travail pour la saison 2019/20 a débuté deux ans auparavant, soit durant la saison 2017/18. Pour ce faire, Willi Vögtlin doit en priorité connaître le nombre d’équipes participantes et le mode de championnat, soit les chiffres mentionnés en introduction : Douze équipes disputent 50 tours de qualification. Willi Vögtlin élabore un calendrier sur cette base. L’ébauche est ensuite soumise au Comité du Sport d’élite (CSE), qui l’approuve ou l’optimise. Une année avant le début de la saison concernée, le calendrier brut est adopté par tous les clubs de National League lors de l’Assemblée de la Ligue. La date du début du championnat y est également définie.
*Dirigé par le Director National League & Swiss League, le CSE est composé de quatre représentants de la NL et deux représentants de la SL, élus par l’Assemblée de la Ligue. Le Comité est complété par le Director National Teams et le Président du Conseil d’administration de Swiss Ice Hockey.
C’est alors que commencent les véritables « travaux d’Hercule » pour Willi Vögtlin. Deux facteurs ont une influence considérable sur la planification des matchs :
- Les dates bloquées
Tous les douze clubs de NL ont la possibilité de communiquer à Willi Vögtlin leurs dates bloquées, soit les dates auxquelles ils ne peuvent organiser de matchs à domicile. D’ordinaire, ce sont ainsi près de 70 dates bloquées qui sont annoncées par tous les clubs pour l’ensemble de la saison. Or, lors de la planification de la saison en cours, quelque 100 dates bloquées ont été communiquées à Willi Vögtlin. Ce chiffre est facilement explicable : A Davos, Fribourg et Lausanne, la tenue de matchs était impossible durant une longue période en raison des travaux de transformation ou de la construction des stades. Actuellement, aucun match de championnat ne peut être joué à Lausanne durant deux semaines en raison des Jeux Olympiques de la Jeunesse. En tant qu’arène polyvalente, le Hallenstadion compte lui aussi de nombreuses autres manifestations rendant impossible l’organisation de matchs de hockey sur glace. La semaine de la Coupe Spengler est également bloquée durant la saison régulière. - Autres compétitions
En sus des dates bloquées des clubs, Willi Vögtlin doit également tenir compte des dates des autres compétitions, à savoir la Swiss Ice Hockey Cup et la Champions Hockey League. En ce qui concerne la CHL, les dates varient en fonction des résultats des équipes suisses durant la saison en cours. En outre, le championnat national est également mis entre parenthèses quatre fois par saison durant les « IIHF Breaks » officiels, durant lesquels les équipes nationales disputent leurs tournois internationaux.
Un casse-tête chinois
Conséquence de ces variables : Un match sur trois du calendrier original de la saison 2019/20 a dû être déplacé par rapport à l’ébauche, et ce, sans aucune marge de manœuvre ou presque. Il s’agissait de répartir les 50 matchs de qualification par club sans chevauchements sur les rares dates disponibles. Willi Vögtlin s’est rendu auprès de choque club de National League afin de trouver avec les responsables des clubs des dates de remplacement et des solutions pour le renvoi de matchs. Ces nouvelles dates doivent ensuite être mises en parallèle. Pour ce faire, Willi Vögtlin est aidé par le mathématicien Romain Roubaty, avec qui il collabore depuis de nombreuses années déjà, et d’un logiciel spécial capable d’éliminer automatiquement une partie des chevauchements de dates. Mais une partie seulement. Nombreux sont les cas où Willi Vögtlin doit « se casser la tête » pendant plusieurs jours avant qu’une solution ne soit trouvée. Pour finir, chaque club accepte « son » calendrier des matchs en le signant avant le début de la saison.
Il est en outre dans l’intérêt de tous les acteurs – des clubs et de la National League – de programmer les matchs de façon à ce qu’ils attirent le plus grand nombre de spectateurs dans les stades. C’est la raison pour laquelle trois tours ont été joués en quatre jours peu avant Noël et immédiatement après Nouvel-An, par exemple. Ici, l’affluence a montré que la planification était judicieuse : En 2020, le taux de remplissage des stades s’élevait à 93.6% pour les trois tours de championnat joués après Nouvel-An.
La phase de qualification de la saison 2019/20 touche lentement à sa fin… et pendant ce temps, Willi Vögtlin n’achève pas uniquement le calendrier des matchs de la saison prochaine, mais débute également la planification pour celle de 2022/23.