Le milieu de l’Extraliga tchèque est agité par une rumeur persistante autour d’un possible retour de Matěj Stránský au pays.
Une enquête menée par le quotidien Sport et le site iSport a confirmé l’intérêt concret de plusieurs poids lourds du championnat tchèque pour l’attaquant du HC Davos. Champion du monde à Prague, âgé de 32 ans, Stránský s’est imposé comme l’un des joueurs offensifs les plus dominants de la National League, au point d’attirer désormais l’attention de clubs tchèques financièrement très ambitieux.
Le nom de la Kometa Brno est rapidement apparu comme une destination potentielle. Le club, qui s’apprête à déménager dans une nouvelle arène au parc des expositions de Brno, affiche clairement ses ambitions pour la saison 2026/27. L’idée de faire revenir le natif d’Ostrava figure depuis longtemps parmi les scénarios évoqués en interne. Toutefois, selon iSport, un concurrent de taille s’est invité dans le dossier : le Dynamo Pardubice, dont l’intérêt a été confirmé auprès de l’entourage du joueur.
Le dossier reste complexe. Stránský est encore sous contrat avec Davos jusqu’au printemps 2027, ce qui impliquerait, en cas de retour anticipé en République tchèque, une négociation pour une résiliation de contrat avec le club suisse. Une situation qui rappelle le cas de Roman Červenka, libéré de Rapperswil il y a deux étés pour rejoindre Pardubice. Une opération qui avait longtemps semblé irréaliste. « Les Suisses, en général, ne comprennent pas qu’un joueur veuille quitter leur ligue et leur pays, sauf pour la NHL », explique Josef Marha.
Mais le facteur émotionnel et financier entre aussi en ligne de compte. « Matěj doit clarifier en lui-même si cela en vaut la peine ou non. Peser tous les pour et les contre », poursuit Marha, rappelant que le retour au pays exerce souvent une forte attraction, surtout lorsqu’il s’accompagne d’une offre salariale plus élevée. Lui-même avait été confronté à des choix similaires durant sa carrière. « C’étaient financièrement de meilleures propositions que ce que j’avais à Davos. Mais ma famille était heureuse ici et je ne voulais pas quitter un club dont j’étais une partie intégrante. Quand on change d’environnement, on ne sait jamais si l’on s’y sentira aussi bien. Je sais que jouer à domicile est très tentant, mais on dit aussi qu’il ne vaut pas la peine de quitter un endroit où l’on est heureux. »
Sur le plan financier, l’écart entre la Suisse et la Tchéquie s’est considérablement réduit. Le cas Červenka l’a illustré, avec un salaire mensuel estimé à partir de 1,5 million de couronnes (58'000 francs suisses) à Pardubice. Selon une source proche des contrats en National League, Stránský percevrait à Davos l’équivalent d’environ 800 000 couronnes par mois (30'000 francs suisses), net, avec logement et voiture inclus. Pour rivaliser, un club tchèque devrait donc s’approcher, voire dépasser, le million de couronnes mensuel, avec un contrat comparable à celui de Červenka.
Sur la glace, le débat reste ouvert quant à l’écart de niveau entre les deux ligues. « Le niveau du hockey là-bas et ici est à peu près le même, même si la ligue suisse bénéficie d’une meilleure réputation et d’un plus grand prestige », estime Marha. « Quand un joueur comprend qu’il n’ira plus en NHL, il regarde d’abord vers la Suisse. Et seulement ensuite ailleurs. Mais l’exemple de Červus, et maintenant la tentative d’attirer Stráňa, montre que certains clubs tchèques ont clairement progressé. »
À Davos, le sujet n’est pas ignoré. « Ils sentent que quelque chose se passe, mais ils observeraient de très près toute tentative de négociation pour une résiliation de contrat. Le club est conscient de son prestige et du fait que beaucoup de joueurs rêvent d’y jouer. Ils seraient certainement surpris si un joueur aussi performant venait demander à partir pour la République tchèque », glisse Marha.
Arrivé à Davos il y a cinq saisons, l’ancien joueur de Třinec a déjà remporté deux Coupes Spengler (2024 et 2026) avec le club grison. Le titre de champion de Suisse manque encore à son palmarès, mais Davos fait partie des grands favoris cette saison. En 272 matchs de National League, Stránský a inscrit 227 points et figure dans les plans de la sélection tchèque pour les Jeux olympiques de Milan en février.
