Le championnat finlandais connait une explosion peu contrôlée des salaires

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  • Posté par dam, le :

    25/01/2026

Alors que la Suisse s’est imposée ces dernières années comme le championnat offrant les meilleurs salaires en Europe – hors KHL –, la SM-liiga finlandaise est aujourd’hui confrontée à une inflation salariale sans précédent.

Une situation qui inquiète profondément dirigeants et décideurs du hockey finlandais, au point que certains redoutent désormais la faillite de plusieurs clubs.

Selon de nombreux acteurs interrogés par Yle Urheilu, le marché des joueurs est tout simplement en surchauffe. La réforme du format de la ligue, combinée au retour de Jokerit dans l’élite, a déclenché une véritable course aux armements. Comme je vous en avais fait part (lire ici), à partir de la saison 2026-2027, seuls les 14 meilleurs clubs conserveront leur place en première division, les autres étant relégués dans une nouvelle ligue inférieure. La peur de la relégation agit comme un puissant catalyseur, poussant les clubs à surpayer pour sécuriser leur maintien.

Résultat : des salaires qui s’envolent. Des joueurs auparavant rémunérés entre 75 000 et 80 000 euros coûtent désormais 130 000 à 140 000 euros par saison. Dans certains cas, les revenus ont presque doublé en l’espace d’un an. Des profils comme Jaakko Lantta, Otto Paajanen ou Antti Kalapudas bénéficient de hausses spectaculaires, tandis que des contrats dépassant largement les 200 000 euros deviennent de plus en plus courants.

Le rôle de Jokerit est central dans cette inflation. Le club helsinkien, de retour en SM-liiga avec un budget ambitieux, investirait plus de trois millions d’euros uniquement dans les salaires des joueurs. Un niveau que seules quelques formations pouvaient se permettre jusqu’ici. L’arrivée de joueurs comme Patrick Curry, dont le coût total avoisinerait les 400 000 euros charges comprises, a clairement redéfini les standards du marché.

Face à cette nouvelle réalité, les petits et moyens clubs peinent à suivre. Certains renoncent à intégrer de jeunes talents par crainte du manque d’expérience, préférant recruter à l’étranger ou miser sur des vétérans. Une stratégie à court terme qui fragilise toutefois la formation et l’avenir du hockey finlandais.

Le directeur sportif de Tappara, Janne Vuorinen, tire la sonnette d’alarme. Selon lui, le marché est clairement surchauffé et le risque est réel de voir des clubs se mettre en grande difficulté financière. Si les salaires augmentent bien plus vite que les revenus, l’équation devient intenable. Certains pourraient être tentés de compenser en taillant dans les structures juniors, au détriment du développement à long terme.

Dans ce contexte, la comparaison avec la Suisse revient régulièrement. La National League bénéficie d’une économie plus stable, de revenus plus élevés et d’une attractivité internationale qui lui permet d’assumer des salaires élevés sans mettre en péril ses clubs. En Finlande, en revanche, la fuite en avant actuelle pourrait laisser des traces durables.