Le joueur de Genève Servette s'est longuement confié au podcast Touru & Hoffren et notamment sur les tourments de ces dernières années en Amérique du Nord.
Si vous êtes adeptes du finlandais, vous pouvez l'écouter ici, sinon en voici quelques extraits.
Il y a dix ans, Jesse Puljujärvi s’imposait comme l’un des jeunes talents les plus prometteurs du hockey mondial. À seulement 17 ans, il menait la Finlande au titre des Championnats du monde juniors 2015-2016, aux côtés de ses coéquipiers de la superligne Puljujärvi–Aho–Laine. « Ces matchs évoquent encore des émotions. Cela a duré plusieurs semaines. C’est ainsi que mon histoire a commencé et que j’ai commencé à être reconnu partout », se souvient-il. Derrière eux, des joueurs comme Mikko Rantanen, Roope Hintz et Kasperi Kapanen jouaient le rôle de soutien, mais la magie était sur la ligne de feu.
L’été suivant, Puljujärvi est sélectionné par les Oilers d’Edmonton. Les attentes sont alors immenses, mais les débuts dans la LNH se révèlent plus difficiles que prévu. « Je ne savais pas à quoi m’attendre Je ne savais pas où j’en étais arrivé ni comment gérer la vie de tous les jours », confie-t-il. La barrière de la langue et le mal du pays compliquent son intégration, et il passe de longues périodes en AHL pour s’adapter au rythme nord-américain.
Sa carrière décolle réellement à la saison 2020-2021, lorsqu’il retrouve Edmonton. Cette année-là, il inscrit 25 buts et 48 points en 84 matchs, s’affirmant comme un atout essentiel aux côtés de McDavid. « Quand mon corps et ma tête fonctionnaient, j’aimais beaucoup jouer. Mes jambes bougeaient et je réussissais à récupérer beaucoup de rondelles pour McDavid », explique-t-il. À l’automne 2021, il est surnommé le « roi des bisons » pour sa capacité à récupérer les rondelles et à alimenter la superstar canadienne.
Cependant, la route reste semée d’embûches. Entre infection à la COVID-19, blessures aux hanches et commotions, Puljujärvi voit son rôle diminuer et ses performances chuter. « Rétrospectivement, c’était absurde d’aller là-bas sans connaître l’anglais. Cela a certainement un peu affecté les choses », admet-il. Malgré ses efforts et une saison prometteuse en début de parcours, il ne parvient pas à retrouver sa place après le changement d’entraîneur et doit faire face à la réalité difficile de la LNH.
Au printemps 2023, il est échangé à Caroline puis rejoint Pittsburgh, où il dispute 48 matchs sur deux saisons avec un bilan de 6 buts et 6 assists. « Cet été-là, je me suis entraîné plus que jamais. Je voulais revenir plus fort la saison suivante », raconte-t-il. Mais de nouvelles blessures et un corps qui peine à suivre freinent ses ambitions.
En 2025, Puljujärvi décide de revenir en Europe et signe à Genève-Servette en Suisse. Rapidement, il retrouve le plaisir de jouer et se classe parmi les meilleurs pointeurs de la saison. « Maintenant, je sens que je peux encore m’améliorer physiquement. Je crois que ma meilleure version est encore à venir et que je pourrai à nouveau aider une autre équipe de la LNH », affirme-t-il. Sa joie et son sens de l’humour, retrouvés en Suisse, contrastent avec les périodes sombres de sa carrière nord-américaine.
À 27 ans, Jesse Puljujärvi démontre que résilience, patience et passion peuvent relancer une carrière. « Même si je fais la une depuis dix ans, je ne me sens pas vieux. Je sais que mon meilleur reste à venir », conclut-il avec détermination, prêt à écrire un nouveau chapitre de sa carrière et à viser à nouveau la LNH.
